La crise financière mondiale qui se transforme peu à peu en une crise économique, entraîne une réflexion obligatoire sur la santé financière, bonne ou mauvaise des collectivités. Pour que cette analyse soit crédible, elle se doit d’être conduite de manière impartiale.
Or, un document particulièrement important a été réalisé par la paierie régionale de Champagne Ardenne sur l’état financier de notre région pour les exercices de 2004 à 2007, ce qui correspond précisément à la mandature de la nouvelle majorité régionale.
Cette analyse dégage certaines tendances qui sont particulièrement inquiétantes.
LA REGION EST PARTICULIEREMENT ENDETTEE
La dette régionale est nettement supérieure à la moyenne nationale. Elle s’accroît régulièrement depuis 2005 (+ 67 millions d’euros), 2006 (+ 80 millions d’euros), 2007 (+ 20 millions d’euros) ; elle a augmenté de plus de 67% de 2004 à 2007. A la fin de cette dernière année, l’endettement atteint 311 euros par habitant contre 192 euros pour la moyenne nationale.
LES IMPOTS AUGMENTENT SENSIBLEMENT EN 2007 ET 2008
Même si l’indicateur de la pression fiscale est inférieur à la moyenne nationale, le pouvoir exécutif régional a choisi de recourir à une augmentation de la fiscalité tous les ans de 2005 à 2008 ; elle a rejoint l’augmentation de la pression fiscale décidée par les régions à gestion socialiste en 2005.
Certes, lors des orientations budgétaires pour l’année 2009, il a été annoncé qu’il n’y aurait pas d’augmentation d’impôts, on annonce également que l’endettement amorcerait une certaine décrue, mais tout cela parait bien tardif par rapport à la situation économique actuelle et à l’inquiétude naissante des habitants de la région face aux incertitudes de l’avenir.
QU’AURAIT-IL FALLU FAIRE ?
Le recours à la fiscalité et à l’emprunt pour financer le budget a toujours été une double erreur ; les impôts amputent le pouvoir d’achat et l’endettement représente les impôts de demain.
Si on peut considérer que les dépenses d’investissement, dépenses de structure amorties à long terme, peuvent être financées par l’emprunt puisqu’elles profiteront également aux contribuables de demain, les dépenses de fonctionnement doivent être maîtrisées de manière très rigoureuse, en particulier les dépenses de personnel.
Or, abstraction faite du transfert des personnels d’Etat (par exemple les personnels TOS des lycées) les frais de personnel augmentent de près de 10 % en un an entre 2006 et 2007, ce qui n’est pas le signe d’une gestion exemplaire.
QUE FAUT-IL FAIRE POUR LE BUDGET 2009 ?
La Champagne Ardenne doit se désendetter massivement pour restaurer ses marges de manœuvre et stopper durablement la hausse de la fiscalité.
Comment ? Elle doit réduire ses dépenses de fonctionnement, contenir ses dépenses de personnel, se concentrer sur ses compétences essentielles, éviter toute dépense superflue, comme l’accroissement du budget de la carte Lycéo, attribuée à tous sans condition et sans évaluation de sa nécessité. Elle doit privilégier les investissements de structure pour dynamiser le territoire, comme par exemple les infrastructures de transport ferroviaire (ligne Nord-Sud, électrification Paris Troyes) ou la modernisation des établissements de formation secondaire et universitaire.
C’est par cet effort exigeant et constant, que la Champagne Ardenne préparera activement son avenir, et rassurera ses habitants.
Marc SEBEYRAN
Conseiller Régional
Nouveau Centre
